Denrées périssables


DENRÉES PÉRISSABLES

Soirée éphémère de formes théâtrales courtes du Lieu Exact

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VENDREDI 8 AVRIL 2016 – 20h –

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En cette période moderne où internet règne, où l’ordinateur détient une grande partie des ressources culturelles à lui tout seul : cinéma, photographie, musique, littérature… Dans notre époque où le principe de numérisation vient sauvegarder des œuvres et leur offrir une pérennité, on est en droit de se poser la question de la place du spectacle vivant dans tout ça.
Que faire de l’évènement unique, de la performance éphémère ?

Doit-on essayer de conserver chaque instant afin d’alentir la dégradation de notre mémoire ? Ou bien au contraire réaffirmer cet aspect périssable des choses et vivre l’œuvre au présent, sans se soucier de ce qu’il en restera demain ?

Au Lieu Exact, nous prenons plutôt le parti de l’instant présent.

Aussi nous avons décidé de vous présenter, durant toute une soirée, des œuvres uniques et qui n’ont pour but final que cette soirée. Cette obsolescence programmée de l’œuvre, cette volonté de ne pas réexploiter, multiplier ou même en conserver de trace, est un postulat et un engagement. Nous voulons défendre la beauté de l’éphémère, le sublime de l’instant partagé ensemble et qui, déjà, s’enfuit.

Une œuvre qui nous échappe et qui, comme un rêve collectif que nous ferions ensemble, se refuse à se raconter de nouveau. Mais une soirée unique qui pendant un instant nous a lié les uns aux autres. Et qui, bien que jamais numérisée, bien que passée et oubliée, survivra peut-être dans un endroit de nos corps, de nos cœurs, de nos âmes.

Alors sans ordinateur, téléphone ou tablette numérique nous aurons tissé un réseau entre  nous. N’est-ce pas cela qu’on appelle la société ?

Clément Peyon
Président du Lieu Exact

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Formes présentées :

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Révolution agraire

visuel rev-agr

Une création de Mimoza Koïke, Bruno Roque et Agnès Roux
interprétée à Créteil par Leslie Bourgeois, Clara Lefort, Bastien Steenkiste et Thomas Lesous
d’après un texte tiré de la Cuisine cannibale de Roland Topor, publié en 1970.

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QU’EST-CE QUE L’ESPÈCE HUMAINE SI NON UN ÉLEVAGE «LAISSÉ EN FRICHE» ?

RÉVOLUTION AGRAIRE est une forme transversale issue des plateformes des arts de la scène et des arts visuels. Elle croise les savoir-faire, les espaces et les temporalités de l’exposition et du théâtre dansé pour vous proposer une immersion dans l’univers poétique d’une paysannerie pour gourmets anthropophages.
A l’intérieur de cette métaphore agricole, les spectateurs auront la possibilité de circuler librement autour de l’espace de performance et depuis le hall d’entrée. Ils auront ainsi plusieurs perspectives d’observation.

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La Fonte des glaces, face à ce qui se dérobe…

visuel fonte

Une création de Clément Peyon
avec la collaboration des élèves du collège Issaurat
d’après Face à ce qui se dérobe d’Henri Michaux.

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En pleine période de conférence sur le climat, on n’a de cesse de parler du réchauffement climatique, des 2°C pour la planète, de la fonte des glaces. Le monde prend conscience qu’il a affecté son écosystème et s’inquiète pour l’avenir.
Mais pourquoi ? Pourquoi sommes-nous effrayés par ces phénomènes climatiques ?
Parce qu’ils se dérobent à nous.
Les générations futures, notre incapacité à les sauver de phénomènes qui résultent de nos choix, de notre mode de vie. Ce qui se passera quand nous ne seront plus là mais que nos actions les affecterons encore.
Car cette fonte des glaces, cette banquise qui disparaît, n’est-ce pas aussi leur enfance qu’on laisse fondre au soleil ?

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RÉFRACTION(S)

visuel refract

 Une création d’Alice Fulcrand
avec la collaboration des élèves de l’EDT 91
d’après Face au mur de Martin Crimp, Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver et Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal de Hannah Arendt.

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Réfraction : fléchissement d’une onde à l’interface entre deux milieux dans lesquels sa vitesse diffère.

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Violence, trois paroles : quelques uns qui la voient, un qui la fait, une qui essaie de comprendre. Entre la violence produite et la violence relatée y a-il une distance ? Lorsque qu’un drame se produit dans le monde, la majorité du temps c’est l’écran qui nous le communique : la télévision, les réseaux sociaux. Et d’une certaine manière l’écran approuve ce qu’il montre. Il n’y a plus de questions posées. Il n’y a pas de recherche de sens.
Plus que le problème de la désinformation, la complaisance dans le non-sens envahi toutes les veines de notre société. Car la pensée s’y fait rare et ses outils nous glissent entre les doigts.
À un endroit, il y a incapacité de penser.

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Quelquefois vous avez besoin de rencontrer des gens comme ça.

visuel bukowski

Une création de Bastien Steenkiste
d’après les textes de Charles Bukowski.

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Même dans un tas de fumier la vie étincelle.
Les êtres en marge, ou considérés comme inférieurs par les élites, sont bien vivants et créateurs. Charles Bukowski, dans son oeuvre, donne la parole à tous ces oubliés du bord de la route.
«des inconnus avec des gueules
passées
à la limaille de plomb»
Dans un bar miteux, accoudé au comptoir, Bukowski déblatère des vers comme on cuve sa gueule de bois. Le langage est cru. Mais à 5h du matin, ivre, son ressenti est à fleur de peau, et d’une incroyable lucidité.

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Nous ne sommes pas d’ici.

visuel lili
Une création de Leslie Bourgeois
d’après Les Trois Sœurs d’Anton Tchekhov et L’Acteur Flottant de Yoshi Oïda.

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«Pourquoi suis-je seul ? Et pourquoi dans cet endroit-là ? Pourquoi, à mon âge, suis-je encore sans foyer, sans famille ? Quel est-il cet être que je suis devenu, balloté ça et là, comme une algue flottante ?»

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Trois sculptures en matière textile représentant trois figures féminines. Référence aux trois sœurs de la pièce d’Anton Tchekhov.
Il s’agit ici de mettre en forme cette sensation de flottement, par laquelle nous passons quand nous quittons nos repères. Quelque chose de ce flottement raisonne dans notre sédentarisme occidental et questionne notre mobilité.
La trinité des Trois Sœurs, le sentiment d’étrangeté de ces femmes, raisonne également avec d’autres textes. Cette forme d’installation, à la fois comme étape de recherche et comme objet autonome, est l’occasion de les confronter.

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L’Amour ne suffit pas.

visuel lamournesuffitpas
Une création de Thomas Lesous
en collaboration avec Katerina Ntroudi
d’après la Conférences des oiseaux de Farid-ud-Din’ Attar et la Réunification des deux Corées de Joël Pommerat

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Qu’y a t il derrière le mot « Amour » ? La source de la compassion, le lien qui nous unit tous, la bienséance, une vertu à laquelle on a fait porter toutes sortes d’actions, jusqu’au génocide (tuer pour l’amour de Dieu ) ? Énergie créatrice incroyable, jusqu’où pouvons nous aller par amour quand d’autres n’ont plus qu’un vague souvenir de ce que cela fait d’être amoureux, de vivre l’aventure, de se sentir ridicule et beau à la fois ? Le don de soi, l’admiration, la complicité, l’union, le partage sont la lumière quand l’ombre est à la domination, la dépendance et l’orgueil.

Alors, avec cette forme courte, nous voulons vous faire voyager dans la vallée de l’Amour.

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PRINCES

visuel princes
Une création de Pierre Langlois
d’après des textes de Victor Hugo

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Comment savoir si l’on nous aime pour l’homme que l’on est ou si l’on nous aime pour le titre que l’on porte ?
Aujourd’hui les princes et les princesses nous semblent quelque chose à reléguer aux contes pour enfants. Mais à Londres, à Bruxelles, à Monaco ? De nombreux pays possèdent encore leur royauté. Et cette royauté obsède.
Comment aborder ce «fanatisme» de la personne royale ? Et ces fameux rois et reines, quel poids, quelle responsabilité ?
Car quelque part en nous le prince rime avec l’homme libre, l’homme en pleine capacité. Et alors, plus qu’un souverain, le prince représente le modèle à suivre.
Ainsi, en se posant la question du prince, on pose la question de ce que la société nous impose, en mœurs et en postures.

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Danse macabre

visuel danse macabre
Une création de Julien Vermeulen
avec Vinicius Timmerman
sur la musique de Camille Saint-Saëns «Danse Macabre»

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Un homme, enroulé dans plusieurs mètres de boa d’autruche, s’agite.
Qui est-il ? Un travesti qui se déhanche ? Un animal qu’on plume avant de le manger ? Un être à l’agonie ?
Moins il y a de boa, plus le danseur s’excite. Il se débat contre son sort. Et puis ?

Danse macabre est une performance dansée qui pose la question de notre rapport à la mort. Mais cette danse nous met aussi face à notre mode de consommation, à la souffrance animale qu’il peut engendrer.
Et si les poulets pouvaient danser avant leur mort ? Peut-être danseraient-ils ainsi…

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Les héros périmés. Les chroniques de la ville des belles et des bêtes.

visuel heros
Une création de Ksénia Lukyanova

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Trois histoires qui ont eu lieu dans la même ville, charmante et sans cœur.
Trois rencontres : une fille, un garçon et une bête.
Là où on nait, là où on grandit, là où on vit, là où enfin on choisit de vivre. À ceux qui ont appris à aimer entre les murs des villes, des endroits où l’histoire est déjà écrite sur chaque caillou gris qui fait partie du temps.
Ces endroits où on crée une nouvelle époque, en se rajoutant à ce tas poussiéreux et fascinant des destins vécus. C’est notre tour de se promener dans cette ville des belles et des bêtes et laisser nos cœurs battre de douleur et de joie jusqu’à se mélanger avec le chahut de cette ville, qui sera toujours là, même quand on ne le sera plus.